Sexes et agressivité : méfiez-vous de l’eau qui dort

L’Homme, bloc d’agressivité. La Femme, coeur de tendresse.

“Franchement, ça dépend !” nous hurlent deux chercheurs de Princeton de l’autre côté de l’Atlantique. En effet, ils sont arrivés à la conclusion que, lorsqu’elles sont incognite (pluriel d’incognita, féminin d’incognito), les femmes sont plus agressives que les hommes. Pas vues, pas prises !

Ce stéréotype selon lequel les filles sont moins violentes que les garçons est très répandu. Ainsi, la petite fille qui choisit de faire du rugby plutôt que de l’équitation est encore regardée de travers. De même, les jeux vidéos violents, destinés aux garçons à en croire les idées reçues, sont agrémentés de femmes plantureuses et sexy (ci-dessous, Ivy de Soul Calibur).

ivy soulca

Oui, en plus d’aimer la bagarre, les garçons aiment le sexe (nous reparlerons de ça une prochaine fois). Les deux chercheurs de Princeton ont souhaité comparer les différences d’agressivité entre hommes et femmes et ont pour cela demandé à un groupe de 84 hommes et femmes de jouer à un jeu vidéo dans lequel ils devaient larguer des bombes les uns sur les autres. Les chercheurs, de leurs côtés, récupéraient les données de jeu, telles que le nombre de bombe larguées par participants, par partie.

L’originalité de l’étude tient dans le fait que les chercheurs ont tenu à tester la désindividualisation. C’est ainsi que l’on nomme le fait de placer une personne dans une situation n’a pas d’identité, incognito. Il est connu que désindividualisés, les gens ont un naturel plus agressifs. Ceci peut aussi justifier le port des uniformes par les militaires. Ainsi, une partie du groupe test était incognito lors de l’étude, inconnus des chercheurs, invisibles des autres joueurs.

L’expérimentation a montré que lorsque leur identité est connue, les hommes larguaient plus de bombes que les femmes et par conséquent étaient plus agressifs. Cependant, incognitos, les femmes semblent changer d’attitude. Dans le groupe désindividualisé, les femmes ont été beaucoup plus agressives, avec en moyenne 5 bombes larguées en plus que les hommes ! Désindividualisés, les gens ne sont plus soumis aux contraintes sociales et sont donc désinhibés. Et chez les femmes dans ce contexte, “désinhibée” semblerait correspondre à “représente un fléau pour toute forme de vie”.

Qui rigole encore des femmes militaires maintenant?

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Par ailleurs, l’agressivité moyenne entre les groupes « avec identité » et « sans identité » est quasiment la même chez les hommes. Ce n’est, en revanche, pas le cas pour les groupes de femmes. Les hommes paraissent moins sensibles au facteur “contrainte sociale”.

Dans cette veine, les auto-évaluations que les participants devaient faire de leur agressivité ont permis de voir qu’en règle générale les femmes sous évaluaient leur propre agressivité. Si l’étude n’avaient reposé que sur ces auto-évaluations, l’étude aurait conclue à une moindre agressivité chez ce que nous appelons, à grand tort, “le sexe faible”.

Conclusion, ne participez jamais à un tournoi mixte de lucha libre.

Source : Same Difference: How Gender Myths Are Hurting Our Relationships, Our Children, and Our Jobs, par Rosalind Barnett et Caryl River.

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