Le mécanisme des rêves

Tout le monde en fait, beaucoup cherchent à les interpréter, mais peu de gens savent comment sont fabriqués les rêves et ce qui se passe dans notre cerveau quand ils surviennent...

On rêve pendant le sommeil, un état récurrent de perte de conscience dans lequel l’esprit est plongé tous les jours et où le corps et l’esprit récupèrent de la fatigue accumulée pendant la période d’éveil. Des cycles de sommeil d’environ deux heures se succèdent toute la nuit.

Ces cycles sont divisés en quatre phases : la phase de sommeil léger, la phase de sommeil profond, la phase de sommeil paradoxal et enfin la phase dite d’éveil durant laquelle le corps passe de l’état endormi à l’état éveillé.

En 1953, deux étudiants en neurophysiologie : Eugen Aserinsky et William C.Dement découvrent que les rêves interviennent pendant la période de “mouvements oculaires rapides” (rapid eye movement en anglais) qui se passe pendant la phase de sommeil paradoxal.

 

La phase de sommeil paradoxal est qualifiée de telle car le cerveau et le corps fonctionnent de manière opposée : la fréquence des ondes cérébrales ainsi que la dépense énergétique de l’organisme en glucose et en oxygène est la même que celle de l’éveil alors que le tonus musculaire est complètement à plat. C’est comme si l’activité du corps et celle du cerveau étaient complètement dissociées.

Cette phase dure entre 15 et 20 minutes en moyenne. On parle de moyenne car ce chiffre varie en fonction de l’individu.e et aussi de son cycle de sommeil.

 

Plus on avance dans les cycles de sommeil de la nuit et plus le sommeil profond cède la place au sommeil paradoxal. Durant les premières heures de la nuit, le sommeil est le plus réparateur car c’est à ce moment-là que l’individu.e passe le plus de temps en sommeil profond. Le sommeil paradoxal ne dure alors que quelques minutes par cycle. Sur le temps de sommeil du dernier cycle, le sommeil paradoxal peut atteindre 30 minutes.

 

Durant les rêves, le conscient cède la place à l’inconscient qui peut alors s’exprimer sous la forme de rêves particulièrement travaillés et précis, bien qu’ils soient en apparence sans queue ni tête. C’est à travers les rêves que les angoisses et les envies d’un individu ressortent, tout comme les souvenirs. Les rêves sont très importants pour l’équilibre émotionnel ; ils font ressortir des désirs ou des peurs qu’on ne peut exprimer à l’état éveillé. Ils sont donc nécessaires au bon équilibre de chacun.e.

 

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Bien que près de 15% de la population pense ne pas rêver, en réalité nous rêvons tou.te.s. Plus le rêve est proche du réveil et plus le souvenir est présent. Cependant, la phase d’éveil qui fait office de fin de cycle et qui survient après le sommeil paradoxal durant lequel nous rêvons, fait aussi effet gomme. Donc plus elle est longue, moins nous avons de chance de nous rappeler de nos rêves, et encore moins si nous repartons sur un autre cycle de sommeil.

Les effets de la modernité sont aussi une des raisons pour lesquelles nous ne nous souvenons pas toujours de nos rêves. Notre état de conscience est engourdi par les stimulations externes et nous ne sommes plus assez à l’écoute de nous-mêmes.

 

Pendant le sommeil paradoxal, le cerveau crée des images par le biais de l’imagination. Habituellement, le cerveau élabore une certaine représentation du monde en fonction des informations qu’il reçoit, notamment grâce à nos cinq sens,  mais l’imagination permet de contourner ce principe. L’individu.e va alors créer des images qui ne sont pas forcément liées aux éléments extérieurs, sous l’effet de sa volonté. Mais dans le cas du rêve, l’image se créée sans même l’effort de sa volonté.

 

Des expériences scientifiques ont été menées sur des chats. Des lésions ont été pratiquées sur une partie de leur cerveau appelée tronc cérébral, une partie du système nerveux central qui fait le lien entre le cerveau et la moelle épinière. Plus précisément, ces lésions ont été pratiquées sur une partie du tronc cérébral appelé “pont”. Les chats mutilés n’avaient plus du tout de sommeil paradoxal.

On en déduit donc que c’est cette zone du cerveau qui est responsable du sommeil paradoxal et des rêves.

 

Certaines zones du cerveau sont très actives durant les rêves. Il s’agit notamment des régions sensorielles dont fait partie le cortex visuel associatif qui a pour rôle de créer des images. C’est un travail d’imagination, mais sans aucun effort de la volonté de l’individu.e. L’amygdale est aussi active pendant les rêves : cette région du cerveau gère les émotions, ce qui implique que les rêves peuvent être chargés d’émotions. Enfin, l’hippocampe, la partie du cerveau chargée de la mémoire, est en action et ainsi, les souvenirs apparaissent fréquemment dans les rêves d’un.e individu.e.

 

Pendant le rêve, différentes zones du cerveau sont “éteintes”. Par exemple, le cortex visuel primaire cesse son activité et les informations provenant de la rétine ne sont plus traitées. Autrement dit, le cerveau n’analyse plus ce que l’oeil voit. Le cortex préfrontal est lui aussi sur “pause”. Comme il est responsable du raisonnement et de la logique, ces deux fonctions ne sont que très peu présentes dans les rêves.  

 

Les rêves surviennent lors du sommeil paradoxal, une phase durant laquelle le corps est complètement immobile, sauf pour les yeux qui bougent alors très vite derrière les paupières. Cette phase de la nuit est très importante pour l’équilibre émotionnel d’un individu, ce qui explique que tout le monde rêve bien que certain.ne.s ne s’en souviennent pas. Pendant les rêves, les zones du cerveau actives sont celles qui contrôlent les émotions, la mémoire et celles capables de créer des images, mais pas la zone du cerveau qui contrôle la logique, ce qui implique que les rêves sont un mélange d’émotions, de souvenirs mais qu’ils ne sont pas forcément organisés d’une manière “logique”.

 

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