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Attention Stéréotypes

Parce qu'il est plus facile de désintégrer un atome qu'un stéréotype !

Le cerveau a-t-il un sexe ?

Existe-t-il de réelles différences entre le cerveau de l’homme et celui de la femme ? Si oui comment, quand et pourquoi ces différences apparaissent-t-elles ? Et quelles conclusions faut-il en tirer ?

 

Ce titre du Point (07/12/2012), le cerveau a-t-il un sexe, illustre parfaitement l’un des grands mystères et débat scientifique du XXe siècle. Existe-t-il de réelles différences entre le cerveau de l’homme et celui de la femme ? Si oui comment, quand et pourquoi ces différences apparaissent-t-elles ? Et quelles conclusions faut-il en tirer ? C’est une question qui oppose d’un côté celles et ceux qui défendent l’idée d’un cerveau sexué, fruit d’un déterminisme biologique, et de l’autre, les papesses des gender studies qui affirment que les cerveaux masculins et féminins sont identiques à la naissance, mais qu’ils sont façonnés ensuite par l’éducation.

Une chose est sûre c’est qu’aujourd’hui nous n’avons pas encore toutes les réponses à ces questions complexes mais que pourtant les idées reçues ont la vie dure ! 

Laissez-nous vous poser quelques questions et faisons ensemble un petit tour d’horizon de ces idées reçues…

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QUI A LE PLUS GROS CERVEAU ?

Commençons par la fameuse question qui en fera surement rire plus d’un.e, si je vous dis que le cerveau de l’homme est plus gros que celui de la femme, que me répondez-vous ?

Eh bien sachez que statistiquement le cerveau de l‘homme est effectivement plus volumineux et gros que celui de la femme (+ 150 grammes). Non non… l’explication ce n’est pas que vous êtes plus intelligents que nous messieurs, mais simplement plus lourds ! En effet, dans une certaine proportion, la taille du cerveau varie proportionnellement avec la corpulence de l’individu, or les hommes sont statistiquement physiquement plus forts et corpulents que les femmes. Rien à voir avec l’intelligence donc, et attention manger ne rend pas plus intelligent.e !

 

LORS D’UNE COURSE D’ORIENTATION

Poursuivons…si demain vous partiez faire une course d’orientation avec des inconnu.e.s. Bien sûr vous voulez mettre toute les chances de votre coté… alors équipe de filles ou de garçons ?

Ah bon nous ne savons pas lire les cartes routières, nous les filles ? Il apparaîtrait en effet que les seuls domaines pour lesquels une différence soit relativement claire au niveau cérébral sont l’orientation spatiale et le langage. Le cortex s’épaissit nettement dans les zones associées aux langages chez les filles. Or, les garçons auront, eux, une couche plus épaisse dans les zones favorisant l’orientation spatiale . Une explication ? Certain.e vous apporteront comme début de réponse à ces différences biologiques qu’il s’agit d’une évolution adaptative. À vous de voir… Mais rappelons que même si cette théorie est vraie (CE QUI N’EST PAS PROUVÉ) et que l’homme a un léger avantage d’orientation à la naissance le cerveau est un organe doté d’une grande plasticité dans les premières années de vie (90% de nos connexions ne sont pas encore réalisées) et que cette différence est bien plus une question d’entraînement et de sollicitations que de prédispositions biologiques !

 

CÔTÉ BAVARDAGE

Je suis sûre qu’après ce que je viens de vous dire vous vous dites, pas étonnant alors que les plus bavardes à l’école soient les filles puisque leur zone du cortex dédiée au langage est plus épaisse ? D’accord, pas d’accord ?

Eh bien s’il paraît évident pour certain.e scientifique que les femmes ont cette partie du cortex plus développée, d’autres ne sont pas du même avis. En effet, les techniques d’exploration comme l’IRM (imagerie par résonance magnétique) qui montrent le cerveau en train de fonctionner disent bien qu’il n’existe pas de différence entre les hommes et les femmes dans l’aire du langage.

À l’appui, une étude publiée en 2007 dans SCIENCE  a montré que les femmes prononcent en moyenne 16 215 mots par jour et les hommes 15 669. Cette différence de 546 mots n’est donc pas statistiquement significative pour un grand nombre de chercheur.se.s.

Bon, eh bien il semblerait que l’idée du bavardage féminin relèverait donc de la « légende urbaine ».

 

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ET AU FINAL ?

Ah oui, ne dit-on pas que les garçons sont moins matures que les filles et sont pendant longtemps de grands gamins… J’ai une explication ! Il paraît qu’à l’adolescence on assiste à un véritable « chantier cérébral », où les zones ne se développent pas de la même façon chez un garçon et chez une fille, dont le cerveau est mûr environ deux ans plus tôt ! Allez, sans rancune…

Et qu’en est-il de la prétendue fâcheuse manie des hommes à ne pouvoir faire qu’une seule chose à la fois ?

Et par hasard, les hormones dans tout ça n’auraient-elles aussi pas un rôle à jouer ? Surtout lorsque l’on sait que le cerveau des femmes fonctionne de façon asymétrique pendant leurs règles, et de façon plus symétrique après l’ovulation.

Et les cadeaux de Noël et d’anniversaire ? Petit.e, si j’ai le choix, choisirais-je un camion si je suis un garçon et une barbie coupée-coiffée si je suis une fille ? Que conclure des études menées sur les méthodes d’éducation novatrices « unisexes » en place dans les kibboutz en Israël.

Alors finalement, êtes-vous adepte du déterminisme biologique ou plutôt « gender studies » ?

Un peu des deux c’est ça ? Sachez que les différences entre individus du même sexe sont souvent plus grandes que celle évoquées ici entre hommes et femmes ! Prendre conscience de cette individualité permet de ne pas réduire la question du cerveau et de son fonctionnement à la seule question « le cerveau a-t-il un sexe ? ».

 

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COMMENTAIRES



Êtes-vous un robot?

    Cath 09 novembre 2013 à 19h11 - Répondre

    0 0

    Sujet très intéressant. Je conseille de lire les travaux de la merveilleuse anthropologue Françoise Héritier, la réponse est rigoureuse et limpide.



    Êtes-vous un robot?