Focus sur les stéréotypes de genre dans les monde des sciences

Qu’est ce qu’un stéréotype ? Le mot vient du grec stereos= solide, consistent, et de typos=impression. C’est donc une impression forte, une idée que l’on se fait. Il nous permet d’interpréter...

Qu’est ce qu’un stéréotype ?

Le mot vient du grec stereos= solide, consistent, et de typos=impression. C’est donc une impression forte, une idée que l’on se fait.

Il nous permet d’interpréter notre environnement, sans que tous les signaux soient à l’origine d’une remise en question permanente. Il nous permet de tirer des conclusions et d’émettre un avis rapidement, d’établir des liens de causalité sans se fatiguer, et surtout, de généraliser.

C’est un « économiseur de pensée », qui nous colle à la peau et au cerveau… Il est pourtant nécessaire mais bien souvent dangereux. Être conscient.e de son existence, c’est avant tout apprendre à apprécier son entourage avec un peu plus de finesse et d’intelligence.

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Les stéréotypes de genre dans la science

Voici une liste -non exhaustive- de l’impact des stéréotypes de genre dans la science :

  • L’auto censure

Ne pas poser de question car j’ai peur de dire une bêtise, ne pas vouloir faire de première S car j’ai peur de ne pas être à la hauteur, ne pas faire d’informatique car c’est un truc de mec, ne pas faire le concours Kangourou car je ne vais pas y arriver, ne pas aimer les sciences car ça ne colle pas avec mon entourage, ne pas postuler car j’ai peur d’être incompétent.e, ne pas oser prendre contact car j’ai peur que « cela ne se fasse pas », ne pas demander une augmentation de salaire car je crains de demander trop…

Vous l’avez compris, l’auto-censure et une affaire de « ne pas faire par peur de », par peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur ou surtout, de le mériter. À vous de convaincre une personne démotivé.e  (ou vous même !) qu’il faut oser, surtout dans le domaine de la science. Qu’elles soient de plus en plus nombreuses à être tentées par l’aventure et surtout qu’elles y réussissent.

L’anecdote : Imaginons le poste de vos rêves. Pour pouvoir postuler, les employeurs requièrent 10 critères. La question est la suivante : Si vous remplissez les 10 critères, postulez-vous ? Si vous en avez 9 ? 8 ?…1 seul ? Sachez qu’en moyenne, les hommes postuleront à partir de 3-4 critères minimum, tandis que les femmes ont tendance à postuler à partir de… 6-7 critères ! Résultat des courses : des hommes moins compétents à des postes où d’autres femmes avaient plus de légitimité. C’est injuste ? Peut-être, mais ça vous encouragera peut-être à oser la prochaine fois…

 

  • La menace du stéréotype ou effet Golem…

L’effet Golem est un phénomène psychologique à travers lequel attendre peu d’une personne conduit à des performances plus faibles par la personne en question. En résumé, plus vous attendez beaucoup de quelqu’un, plus cette personne se sentira valorisée, et meilleures seront ses performances. Incroyable mais vrai.

L’anecdote : Cours de maths classique, pour une fille et un garçon à niveau égal, un.e prof non averti.e attend inconsciemment plus d’un garçon que d’une fille pour résoudre une équation (plus d’attention, de conseils, d’encouragements). Résultat des courses ? Une inégalité de traitement qui induit une réelle inégalité (inconsciente) de performance de la part des filles (effet Golem). Même cas avant de résoudre un problème : dire ‘qu’habituellement les filles réussissent très peu cet exercice’ exerce une pression négative qui les font moins bien réussir que si l’on ne dit rien

 

  • Au niveau de l’embauche

De nombreuses études reportent les inégalités de traitement lors du recrutement par CV, qui dépendent seulement du sexe du.de la candidat.e ! A CV strictement identiques, on observe des propositions de salaires plus faibles pour des femmes, des attentes vis à vis des capacités plus faibles aussi et, comble du comble, l’écart de jugement entre le CV d’homme ou de femme est plus grande quand c’est… une femme qui sélectionne le CV.

 

  • Plafond de verre

L’ascension au sein de la hiérarchie, comme dans tous les domaines, est plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Même si le vivier est important, il arrive régulièrement que le haut de la pyramide soit composé d’hommes. 8% de femmes à la tête des universités françaises, vous trouvez ça normal ? Le plafond de verre est en réalité une conséquence de tous les points évoqués ci-après : moins candidates, plus mal jugées, moins aidées par le réseau. Mais heureusement ça change, des mesures mises en place et une plus grande prise de conscience font que la situation s’améliore chaque jour.

 

  • Les grosses conséquences

Et après tout ? Pourquoi est-ce important ? Le plus grand exemple concerne la mixité dans les équipes de recherche. Le plus grand risque d’avoir des équipes formées de profils « homogènes » conduit à avoir une vision biaisée de la réalité, car vue sous un seul et même prisme. Cumuler des points de vues différents (comprendre avoir des équipes mixtes et diverses) conduit inexorablement à la vision d’un problème sous tous ces angles, et permet d’y répondre avec le plus de pertinence possible. Combattre les stéréotypes, c’est donc penser à tous les usages, et à toutes les dimensions, et porter des solutions adéquates et adaptées…

Pour illustrer :

 

Comment répondre à….

  • Nos cerveaux sont-ils différents ? Un article WAX sur le sujet : cliquez ici

 D’autres points sont à venir, restez branché.e.s sur WAX Science !

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