Le contrôle des rêves
On a tou.te.s déjà fait des rêves heureux ou bien des cauchemars. Mais d’autres types de rêves récurrents existent, avec leurs significations ou interprétations. Vous en avez probablement déjà expérimenté certains.
- Le rêve récurrent qui revient plusieurs fois, en nous présentant les mêmes éléments d’une fois à l’autre. Ce type de rêve peut indiquer une situation qui nous tourmente ou un problème que l’on arrive pas à résoudre.
- Le rêve prémonitoire qui montre au rêveur ou à la rêveuse ce qui va arriver avant que les événements n’aient lieu.
- Le rêve créatif qui permet de trouver une idée ou une réponse. Choyé par les artistes pour l’inspiration qu’il peut leur donner.
Cette liste non-exhaustive désigne des types de rêves qu’il est possible de faire, mais il en existe bien d’autres !
Un type de rêve nous intéresse particulièrement, il s’agit du rêve lucide, durant lequel la personne endormie a conscience qu’elle rêve. Ce type de rêves très particuliers permet de prendre le contrôle de son rêve et d’en modifier les éléments. Si la plupart des rêves nous permettent d’en apprendre davantage sur nous-mêmes, ce type de rêves permet de transformer ses songes en un gigantesque espace de création limité exclusivement par la volonté et l’imagination. Au cours d’un rêve lucide, la personne qui rêve prend conscience qu’elle n’est pas éveillée et peut alors tout transformer. Si elle est perdue dans une forêt et ne parvient pas à en sortir, elle peut visualiser l’apparition d’un chemin qui la mènera à coup sûr à la sortie. Elle peut aussi décider qu’il n’y a pas de gravité et s’envoler, simplement sous l’effet de sa volonté. Elle peut également décider que la forêt va se transformer en une gigantesque plaine où il n’y aura que de l’herbe et plus aucun arbre. Elle peut enfin imaginer qu’un dragon apparaît et qu’elle pourra s’enfuir en grimpant sur son dos.
Passer du rêve au rêve lucide permet de sortir d’une situation difficile dans laquelle nous avait mis le rêve. Mais cela permet aussi de s’amuser en créant la situation que l’on veut. Un autre intérêt du rêve lucide est qu’il peut permettre de régler un problème que l’on a dans la vraie vie en l’affrontant dans le cadre contrôlé de notre rêve. Ainsi, une situation que l’on ne parvenait pas à résoudre sera réglée au cours d’un rêve, nous permettant de l’affronter avec plus de confiance dans la vraie vie. Par exemple, si on a des problèmes avec quelqu’un de notre entourage, on peut visualiser dans un rêve lucide une situation au cours de laquelle on se réconcilie avec la personne et de laquelle on repart après avoir fait la paix avec la personne, ce qui permettra d’être plus serein.e la prochaine fois qu’on la croise.
Le terme de rêve lucide a été introduit par l’écrivain Léon d’Hervey de Saint-Denys en 1867. Le rêve lucide commence à être étudié en laboratoire du sommeil depuis la fin des années 1970 en occident. Dans les années 1980, le scientifique Stephen Laberge communique à l’extérieur en faisant du morse avec ses points alors qu’il est en train de rêver. Cependant, la faculté de reconnaître l’état de rêve était déjà mentionnée dans des textes bouddhistes datant du VIIIème siècle après Jésus-Christ.
On peut donc se demander comment on accède au rêve lucide. La règle d’or est de disposer de suffisamment de temps de sommeil pour avoir un maximum de sommeil paradoxal, durant lequel les rêves lucides peuvent être vécus. Mais plusieurs astuces permettent d’augmenter ses chances d’en faire et de prendre le contrôle de ses rêves. La première chose à faire est de se familiariser avec le monde de ses rêves, en y prêtant une grande attention. Cela se traduira par le fait de noter tout ce qui se passe au cours de ses rêves, ou du moins tout ce dont on peut se souvenir. Comme pour l’interprétation de ses rêves, il convient de noter sur un cahier dès son réveil tous les éléments dont on se rappelle, sans rien modifier ni juger. Cela permettra au rêveur ou à la rêveuse d’identifier des éléments récurrents (par exemple des objets déformés, des paysages fantastiques, des personnes absentes depuis longtemps) dans ses songes et ainsi de les reconnaître lorsqu’il.elle les voit pendant la nuit.

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Une deuxième astuce consiste à confronter régulièrement le rêve et la réalité. On va effectuer des “tests” plusieurs fois dans la journée pour s’assurer qu’on est pas en train de rêver. L’un de ces tests consiste à dessiner dans sa main un point ou un symbole. Plusieurs fois dans la journée, il faut regarder le symbole dessiné et se demander si l’on est en train de rêver ou pas. Cela doit devenir une habitude. Ensuite, la question finira par survenir au cours des rêves eux-mêmes et le rêveur ou la rêveuse pourra alors prendre conscience de son état. Un autre exemple de test est de vérifier si son doigt peut passer au travers de sa main sous l’effet de sa volonté. Il est aussi possible de regarder sa montre. Le temps s’écoule-t-il d’une manière anormale ? Les chiffres sont-ils brouillés ? Tous ces signes doivent indiquer à celui ou celle qui pratique les tests qu’il.elle est en train de rêver. Il.elle pourra ensuite prendre le contrôle de son rêve et le modifier à sa guise. Mais il convient pour cela de pratiquer plusieurs fois ces tests de réalité dans la journée pour pouvoir espérer penser à les faire la nuit.
Un autre moyen d’accéder au rêve lucide consiste à y prêter attention le plus souvent possible, en lisant régulièrement des articles sur les rêves, en suivant des pages qui en parlent sur les réseaux sociaux, en regardant des films en rapport avec les rêves. Enfin, des masques à rêves existent sur le marché. Ils permettent de détecter les phases de mouvements oculaires rapides durant le sommeil. Ensuite, ils envoient un signal au rêveur sous forme d’éclairage tonalité LED. Le rêveur peut alors prendre conscience qu’il rêve et modifier des éléments de ses songes.
Les rêves lucides sont un type de rêves particuliers au cours desquels la personne qui rêve se rend compte de son état. Il peut alors contrôler son songe à sa guise et le transformer complètement ou simplement en modifier certains éléments. Pour faire ce type de rêves, il convient de se familiariser avec le monde de ses rêves et d’effectuer régulièrement des “tests de réalité” quand on est éveillé pour avoir la présence d’esprit de les faire quand on dort.
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Guide pour commencer à interpréter ses rêves
Les rêves avaient leur importance jusqu’à la fin du Moyen-Âge, époque où le corps et l’âme étaient intimement lié.e.s. Avec l’élaboration de la pensée rationaliste de Descartes et Newton, les rêves ont peu à peu perdu de leur intérêt. C’est Freud qui, à la fin du XIXe siècle, a redonné de l’attention aux rêves dans le cadre de ses travaux de psychanalyse : le rêve comme objet du pouvoir de l’inconscient sur la réalité intérieure de ses patient.e.s.
Diverses théories existent sur l’interprétation des rêves, certaines sont scientifiques, d’autres religieuses, certaines ésotériques ou bien personnelles. Le rêve reste néanmoins une manifestation de notre inconscient, qui nous est propre. Auquel cas une interprétation généraliste n’est pas forcément intéressante.
Le plus souvent, le rêve renvoie à quelque chose que l’on ressent à l’intérieur de nous-mêmes. Parfois, ces ressentis ont un rapport avec des situations récentes, parfois non. Pendant nos rêves, notre inconscient cherche à régler des conflits intérieurs, il peut faire resurgir des conflits du passé si on a pas réussi à passer le cap et à les dépasser. C’est pendant le rêve que l’esprit s’exprime sans aucune censure, c’est un dialogue avec soi-même, un moyen de se connaître mieux. Les rêves peuvent être douloureux comme libérateurs, confus comme clairs. Les situations qu’on y rencontre peuvent être explicites et simples à comprendre mais parfois (assez souvent) elles sont difficiles à interpréter car le cerveau transforme des éléments, en y mêlant une symbolique qu’il est très difficile de comprendre. Un simple élément présent dans un rêve peut être particulièrement lourd de sens et il peut être très dur de le déchiffrer.
Quelques clés facilitent l’interprétation personnelle de ses rêves. Juste après s’être réveillé.e, il faut noter avec le plus de détails possibles tout ce qui s’est passé durant son ou ses rêve(s), décrire le décor, les autres personnes présentes, la manière dont on les voyait… Tous ces éléments vont servir de base à interprétation et moins s’écoule de temps entre la fin de son rêve et le moment où on le décrit, plus la base sera riche car la plupart des rêves s’effacent avec le temps. Par ailleurs, ces éléments ne doivent pas être altérés par notre jugement. Peu importe ce qu’ils nous évoquent, ils doivent être retranscrits comme ils se sont déroulés, sans chercher à les modifier ou à les améliorer.
Ensuite, il convient de prendre chaque élément du rêve et d’essayer de faire le lien avec soi-même et sa vie. On cherche alors à répondre à la question : Qu’est-ce que cela m’évoque ?

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Pour comprendre la signification des éléments qu’on voit dans ses rêves, il convient de chercher par rapport à soi, ce à quoi cela fait référence, dans notre vie ou notre tête. Néanmoins, certaines images peuvent avoir un ou des sens commun(s) pour plusieurs personnes et les connaître peut donner des pistes pour se lancer dans l’interprétation de ses rêves. Par exemple, le fait de courir dans un rêve peut renvoyer au fait d’aller de l’avant, de foncer droit vers le succès, mais il peut également renvoyer à l’idée de fuite devant ses responsabilités. Selon la personne, lesdites responsabilités pourront être de types amoureuses, professionnelles, pécuniaires… Il faut chercher dans sa vie ce qui nous fait le plus peur (ou qui nous motive le plus). Et si dans le rêve on cherche à courir mais sans y parvenir, cela peut renvoyer à notre incapacité d’avancer dans la vie ou de nous défaire d’une situation qui ne nous convient pas. Notre inconscient nous envoie alors le message qu’il faut d’abord régler notre problème avant de retrouver notre sérénité.
Dans nos rêves, certains éléments représentent quelque chose de précis, et en fonction de la manière dont l’élément se présente, on peut en savoir plus sur son état d’esprit. Souvent, dans les rêves, l’eau représente les émotions. De ce fait, rêver de mer renseigne sur son état d’esprit. Si on rêve d’une mer calme, cela indique un état de sérénité et une confiance en l’avenir. À l’inverse, si la mer est déchaînée, cela nous montre qu’on est tourmenté, qu’on est face à un conflit intérieur que l’on a pas encore pu résoudre, cela peut indiquer un état de détresse.
Ainsi, pour bien interpréter ses rêves, il convient de ne pas seulement se fier aux éléments présents, mais aussi à la manière dont ces éléments sont représentés. La forme et l’état dans lequel est représenté un élément a beaucoup d’importance pour son interprétation. Ainsi, une mer agitée signifie l’inverse d’une mer calme. Ici, ce n’est pas seulement la présence de l’eau qui est importante, mais aussi sa forme (la mer) et son état (calme ou agitée). Ces deux paramètres changent complètement le sens de cet élément. Pour prendre un autre exemple, on peut imaginer une rencontre avec son père : la rencontre n’aura pas le même sens si le père est en parfaite santé ou s’il est mal en point, affaibli. Idem pour le point de vue avec lequel on regarde la scène : la scène n’aura pas le même sens selon que l’on voit son père d’au-dessus, d’en-dessous ou du même niveau. Si l’on voit son père d’au-dessus, cela peut signifier un sentiment de puissance par rapport à lui, une impression de supériorité alors que si on est en-dessous, cela peut montrer au contraire de la crainte, une appréhension quant à sa rencontre.
Interpréter ses rêves est un exercice difficile car il faut faire attention aux éléments en présence, leur forme, leur état et aussi le sentiment que l’on a en les voyant ou en interagissant avec eux.

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Interpréter ses rêves est un exercice difficile mais néanmoins très utile. En effet, les rêves sont un dialogue avec soi-même et peuvent nous aider à démêler certains conflits que nous n’arrivons pas à dépasser. Les interpréter est un moyen de mieux se connaître, de faire la paix avec soi-même et de comprendre ce que l’on désire vraiment. Pour ce faire, il faut noter un maximum d’éléments, si possible au réveil pour ensuite essayer de les rattacher à nous-mêmes ou à des éléments de nos vies. Et même si certains éléments paraissent sans importance ou étranges, ils peuvent au final se révéler lourds de sens.
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Le mécanisme des rêves
On rêve pendant le sommeil, un état récurrent de perte de conscience dans lequel l’esprit est plongé tous les jours et où le corps et l’esprit récupèrent de la fatigue accumulée pendant la période d’éveil. Des cycles de sommeil d’environ deux heures se succèdent toute la nuit.
Ces cycles sont divisés en quatre phases : la phase de sommeil léger, la phase de sommeil profond, la phase de sommeil paradoxal et enfin la phase dite d’éveil durant laquelle le corps passe de l’état endormi à l’état éveillé.
En 1953, deux étudiants en neurophysiologie : Eugen Aserinsky et William C.Dement découvrent que les rêves interviennent pendant la période de “mouvements oculaires rapides” (rapid eye movement en anglais) qui se passe pendant la phase de sommeil paradoxal.
La phase de sommeil paradoxal est qualifiée de telle car le cerveau et le corps fonctionnent de manière opposée : la fréquence des ondes cérébrales ainsi que la dépense énergétique de l’organisme en glucose et en oxygène est la même que celle de l’éveil alors que le tonus musculaire est complètement à plat. C’est comme si l’activité du corps et celle du cerveau étaient complètement dissociées.
Cette phase dure entre 15 et 20 minutes en moyenne. On parle de moyenne car ce chiffre varie en fonction de l’individu.e et aussi de son cycle de sommeil.
Plus on avance dans les cycles de sommeil de la nuit et plus le sommeil profond cède la place au sommeil paradoxal. Durant les premières heures de la nuit, le sommeil est le plus réparateur car c’est à ce moment-là que l’individu.e passe le plus de temps en sommeil profond. Le sommeil paradoxal ne dure alors que quelques minutes par cycle. Sur le temps de sommeil du dernier cycle, le sommeil paradoxal peut atteindre 30 minutes.
Durant les rêves, le conscient cède la place à l’inconscient qui peut alors s’exprimer sous la forme de rêves particulièrement travaillés et précis, bien qu’ils soient en apparence sans queue ni tête. C’est à travers les rêves que les angoisses et les envies d’un individu ressortent, tout comme les souvenirs. Les rêves sont très importants pour l’équilibre émotionnel ; ils font ressortir des désirs ou des peurs qu’on ne peut exprimer à l’état éveillé. Ils sont donc nécessaires au bon équilibre de chacun.e.

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Bien que près de 15% de la population pense ne pas rêver, en réalité nous rêvons tou.te.s. Plus le rêve est proche du réveil et plus le souvenir est présent. Cependant, la phase d’éveil qui fait office de fin de cycle et qui survient après le sommeil paradoxal durant lequel nous rêvons, fait aussi effet gomme. Donc plus elle est longue, moins nous avons de chance de nous rappeler de nos rêves, et encore moins si nous repartons sur un autre cycle de sommeil.
Les effets de la modernité sont aussi une des raisons pour lesquelles nous ne nous souvenons pas toujours de nos rêves. Notre état de conscience est engourdi par les stimulations externes et nous ne sommes plus assez à l’écoute de nous-mêmes.
Pendant le sommeil paradoxal, le cerveau crée des images par le biais de l’imagination. Habituellement, le cerveau élabore une certaine représentation du monde en fonction des informations qu’il reçoit, notamment grâce à nos cinq sens, mais l’imagination permet de contourner ce principe. L’individu.e va alors créer des images qui ne sont pas forcément liées aux éléments extérieurs, sous l’effet de sa volonté. Mais dans le cas du rêve, l’image se créée sans même l’effort de sa volonté.
Des expériences scientifiques ont été menées sur des chats. Des lésions ont été pratiquées sur une partie de leur cerveau appelée tronc cérébral, une partie du système nerveux central qui fait le lien entre le cerveau et la moelle épinière. Plus précisément, ces lésions ont été pratiquées sur une partie du tronc cérébral appelé “pont”. Les chats mutilés n’avaient plus du tout de sommeil paradoxal.
On en déduit donc que c’est cette zone du cerveau qui est responsable du sommeil paradoxal et des rêves.
Certaines zones du cerveau sont très actives durant les rêves. Il s’agit notamment des régions sensorielles dont fait partie le cortex visuel associatif qui a pour rôle de créer des images. C’est un travail d’imagination, mais sans aucun effort de la volonté de l’individu.e. L’amygdale est aussi active pendant les rêves : cette région du cerveau gère les émotions, ce qui implique que les rêves peuvent être chargés d’émotions. Enfin, l’hippocampe, la partie du cerveau chargée de la mémoire, est en action et ainsi, les souvenirs apparaissent fréquemment dans les rêves d’un.e individu.e.
Pendant le rêve, différentes zones du cerveau sont “éteintes”. Par exemple, le cortex visuel primaire cesse son activité et les informations provenant de la rétine ne sont plus traitées. Autrement dit, le cerveau n’analyse plus ce que l’oeil voit. Le cortex préfrontal est lui aussi sur “pause”. Comme il est responsable du raisonnement et de la logique, ces deux fonctions ne sont que très peu présentes dans les rêves.

Les rêves surviennent lors du sommeil paradoxal, une phase durant laquelle le corps est complètement immobile, sauf pour les yeux qui bougent alors très vite derrière les paupières. Cette phase de la nuit est très importante pour l’équilibre émotionnel d’un individu, ce qui explique que tout le monde rêve bien que certain.ne.s ne s’en souviennent pas. Pendant les rêves, les zones du cerveau actives sont celles qui contrôlent les émotions, la mémoire et celles capables de créer des images, mais pas la zone du cerveau qui contrôle la logique, ce qui implique que les rêves sont un mélange d’émotions, de souvenirs mais qu’ils ne sont pas forcément organisés d’une manière “logique”.
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Johanna Calderon, à coeur ouvert
Faire des ponts
Johanna Calderon s’intéresse au développement des enfants. Mais pas n’importe lesquels; elle étudie le devenir des enfants opérés à coeur ouvert très tôt dans la vie. Ces opérations ne sont réalisables que depuis quelques années, « donc nous avons peu de référence sur les conséquences de ces opérations car les enfants opérés sont à peine adolescents voire jeunes adultes », explique Johanna, en direct de Boston. En parallèle, elle étudie le développement des bébés nés prématurément. De la petite enfance à l’adolescence, elle se penche sur leur capacités cognitives, leur comportement, bref tout ce qui a attrait à la plasticité cérébrale et tente de faire le lien entre opération/naissance prématurée, et développement du cerveau.
Pour ces études, la Fondation L’Oréal lui donne « un énorme coup de pouce », qui lui permet de construire un pont entre l’Inserm U1153, l’Hopital Necker à Paris, où Johanna a fait sa thèse, le Boston Children’s Hospital et la Harvard Medical School à Boston. Le but? Monter un partenariat international entre les trois entités, pour mieux comprendre les facteurs de risque liés aux opérations. En effet, pendant sa thèse, Johanna a montré que les opérations à coeur ouvert tôt pouvait induire des problèmes d’hyper activité et d’apprentissage ; mais ces problèmes ne sont-ils liés qu’à la malformation de naissance, ou l’opération aggrave-t-elle les choses? Johanna s’est donné 2 ans pour tenter d’en savoir plus. Mais comment on en arrive là?
L’envie d’aller plus loin
Le parcours n’a pas été linéaire! Née colombienne, elle s’intéresse tôt à la biologie et au développement de l’enfant, et passe son Bac S très jeune. « Ça n’est pas forcément un avantage », car en effet difficile de trouver une orientation à 16 ans. Alors Johanna fait une année de faculté de droit « il fallait bien tenter… » mais se rend vite compte de l’attrait pour l’étude des enfants était trop fort. Avec le souhait de mieux comprendre les enfants, sans pour autant faire médecine, Johanna se lance dans un parcours de psychologie en France. En master (4ème année post bac) elle choisit le parcours orienté vers la recherche, où elle suivra une solide formation en statistiques, méthodes et outils pour conduire un projet de recherche. Sa spécialisation? « Neuropsychologie pédiatrique », c’est à dire comprendre les relations entre le développement du cerveau, apprentissages et comportement, chez les enfants.
Lors de son stage clinique à l’Hopital Necker où elle s’occupe d’enfants opérés très tôt, elle ressent l’envie « d’aller plus loin » que de décrire, ou constater. Elle veut comprendre et identifier les problèmes. Elle décide de poursuivre en thèse, et vous connaissez déjà la suite.

Filles et garçons inégaux devant la maladie
On vous a déjà offert une petite vidéo sur les biais de genre dans la recherche, et du coup on a posé la question à Johanna: « Et les conséquences sont les mêmes pour les bébés filles ou garçons? » En réalité, 66% des enfants nés avec des malformations cardiaques graves sont des garçons, donc il existe déjà un déséquilibre au niveau des enfants qu’elle étudie. Elle remarque aussi que les conséquences neurologiques des opérations « sembleraient » plus importantes pour les garçons que pour les filles. Voilà un nouveau cas concrêt dans lequel il est tellement important de faire la différence entre les deux, pour pouvoir mieux comprendre!
Mais l’inégalité de genre n’est pas la seule dont souffre les bébés; pouvoir opérer si tôt demande des moyens, beaucoup de moyens « il est évident que ce déséquilibre social, et démographique réserve l’opération aux pays développés »; mais il existe différentes associations comme celle de Mécénat Chirurgie Cardiaque qui collecte des fonds pour permettre à des enfants de pays en développement de venir se faire opérer là où les ressources sont présentes. Johanna est pleine d’espoir, et elle fait aussi partie des nôtres.
L’heure des questions WAX
Tes trois mots pour la science: Persévérance – Passion – Ténacité
Ton métier si tu n’avais pas été scientifique: Violoniste; j’adore le violon mais c’est tellement difficile!
Le site sur lequel tu passes trop de temps: .. Facebook, et Twitter @johannamcp1 (Johanna Calderon)
Le pire stéréotype que tu aies vécu: En France les gens pensent encore que le neuropsychologie pédiatrique, c’est pas de la science. Mais on a des méthodes, des outils d’imagerie de pointe, des contrôles, bref c’est une vraie discipline scientifique. Encore un stéréotype à briser!
Un grand merci à Johanna qui s’est levée un Samedi pour l’interview en direct de Boston !