Franz-Enno se fait interner!

Traverser, alors qu’il fait nuit, une sombre allée à peine éclairée dans un froid mordant pour se rendre dans les sous-sols d’un centre hospitalier. Voilà qui résume bien l’esprit de...

Traverser, alors qu’il fait nuit, une sombre allée à peine éclairée dans un froid mordant pour se rendre dans les sous-sols d’un centre hospitalier. Voilà qui résume bien l’esprit de Paris face cachée: se rendre dans des lieux peu connus et insolites, parfois même fermés au public.

 

    Bonjour, pour les fous c’est par là?

Les informations données lors de l’inscription à l’événement étant volontairement vagues je ne sais pas à quoi m’attendre lorsque je me rends au centre hospitalier Sainte Anne, pour “la Matrice”. Projection de Matrix et discussion sur l’éventuelle existence de la Matrice? Que nenni! J’ouvre la porte et fais face à deux choix: prendre à droite pour commencer tout de suite à faire l’expérience de la Matrice, ou bien aller à gauche et débuter par un apéritif artistique fait de gouache et de fusain.

Je fais donc le choix de l’apéro qui est constitué d’une sélection de peintures en rapport avec la Matrice issues de la collection Sainte Anne. Cette collection est issue de dons fait par des malades ayant séjourné à Saint Anne… Malades? Oui, malades mentaux pour être exact, car Saint Anne est avant tout un hôpital psychiatrique et a été un des premiers lieux où l’on s’est intéressé à l’art des fous-folles (aka art brut). Ce concept est défini par son inventeur (Jean Dubuffet) comme un art spontané, sans prétentions culturelles et sans démarche intellectuelle, réalisé par des personnes sans formation artistique particulière. Ce qui s’est traduit dans cette exposition en une multitude de styles des plus réalistes au plus abstraits et des contenus plus ou moins facilement reconnaissables et compréhensibles, allant de simples croquis aux œuvres ayant nécessité de longues heures de travail.

 

Le plancher de Jeannot exposé librement dans la rue bordant le centre Sainte Anne, plus d’info en cliquant sur l’image.

Malgré l’ancienneté de la majorité des oeuvres présentes (avant 1960), les patient-e-s actuel-le-s continuent de produire des oeuvres d’art dans le cadre de l’art therapy qui est effectuée à Sainte Anne. Cette thérapie consiste à observer un-e patient-e dans son travail de création d’une oeuvre et de diagnostiquer et analyser ses actions afin de l’aider à guérir.

 

    La Matrice: introspection transcendantale, ou pas…

Venons-en au plat principal la soirée: La Matrice. Cette chambre, qui de l’extérieur ressemble à un gros cocon de coton, est l’introduction à trois autres chambre dont elle regroupe les thématiques: La Chambre des Fantasmes, La Chambre des rêves et La Chambre de l’intime. Ces quatre scènes, je cite “pointent notre incapacité à circonscrire les frontières précises et définitives de notre individualité et nous révèlent notre propre étrangeté”, en jouant “sur la frontière poreuse qui sépare le réel de l’imaginaire”. Et malgré la mise en ambiance que constituaient les peintures, je dois avouer ne pas trop savoir comment vous rendre compte cette expérience, avec quelques éléments creepy et étranges cela n’a peut-être pas suffit à éveiller ma fibre artistique. Isabelle Roy (l’artiste) m’a fait part qu’elle n’avait pas d’attente de la part du visiteur, chacun tire de ces 4 minutes les conclusions qu’il souhaite…

 

Je n’ai donc qu’une chose à vous dire allez-y et faites vous votre opinion, ce n’est peut-être que mon coeur de pierre qui est insensible! 😀

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