Entrevue avec Florestan, ingénieur en ONG

Après la rédaction de l’article “Ces ingénieurs qui travaillent en ONG” nous avons été contactés par Florestan, Ingénieur Biomédical qui souhaitait nous faire part de son expérience dans l’ONG Médecins Sans Frontières en Haïti. Nous avons alors pu lui poser toutes nos questions.

 

Bonjour Florestan, alors pour commencer pourrais-tu nous raconter un peu ton parcours Universitaire ?

Bonjour ! Pour commencer, j’ai obtenu mon Baccalauréat Scientifique ; à la suite de cela, j’ai opté pour un BTS Systèmes Electroniques où j’y ai rencontré un excellent professeur qui m’a conseillé plusieurs domaines d’avenir liés à l’électronique. J’ai alors choisi la filière du biomédical, j’ai donc fais ma 3ème année de Licence en Ingénierie Biomédicale à Lorient, année durant laquelle j’ai pu faire un stage à Vancouver, au Canada. J’avais deux projets durant mon stage, le premier était spécialisé dans les respirateurs d’anesthésie et le second consacré aux “Optical Coherence Tomography workstations” stations de travail des Ophtalmologues utilisées pour détecter certains problèmes oculaires (glaucome, AMD). J’ai ensuite terminé mes études à Nice où j’ai eu mon Master GBM (génie biomédical).

 

Est-ce à ce moment-là que tu as découvert l’aspect “aide à la personne” que pouvait proposer le domaine de l’ingénierie ou l’idée d’intégrer une ONG était déjà dans tes projets ?

Alors non, c’est plutôt après avoir travaillé à la fin de mes études dans une entreprise pharmaceutique que je me suis rendu compte que cela n’était pas fait pour moi. C’est un peu par hasard en voyant une offre de MSF (Médecins Sans Frontières) Belgique qui recherchait un Ingénieur Biomédical pour une mission en Haïti que je me suis lancé. Je me suis alors renseigné sur cette île et ses conditions de vie. La pauvreté des habitant.e.s, les injustices sociales et leur malédiction géologique m’ont clairement motivé à aider ces habitants de « l’île maudite », surnom de cette Perle des Caraïbes. En Haïti, il n’y a pas de sécurité sociale et si on n’a pas d’argent on ne se soigne pas. Le salaire moyen est de 1$ par jour et la nourriture est très chère. En mission, j’arrive à voir l’impact direct que j’apporte aux gens, alors que dans le privé, j’avais le sentiment de servir uniquement à faire gagner de l’argent à une entreprise.

En quoi consistait ta mission en Haïti

Ma mission concrètement était de superviser des équipes de Techniciens Biomédicaux Haïtiens, sur 3 hôpitaux de l’île et de gérer tous les appareils biomédicaux, leur entretien, s’assurer qu’ils fonctionnent et que le stock est suffisant, de former les utilisateurs. Lorsque je dis appareil biomédical, cela concerne tous les Dispositifs Médicaux électriques ou électroniques et cela de façon très large, cela peut être un pousse-seringue ou encore un scanner, un concentrateur d’oxygène. Durant toute ma mission, j’ai pu collaborer avec un large panel de professionnels aussi bien des fournisseurs basés en Europe que des Chirurgiens, le Directeur de l’hôpital, des Pharmaciens et même des Architectes.

Que conseillerais-tu à un Ingénieur fraîchement diplômé ?

Si je peux donner un conseil c’est vraiment de partir à l’étranger faire un stage, une mission ou un volontariat mais surtout en dehors de l’Europe. On y apprend beaucoup plus en rassemblant toutes les compétences de part et d’autre du monde, on apprend une façon de travailler qui est différente, c’est évidemment très enrichissant d’un point de vue personnel et professionnel.

 

Est-ce difficile d’intégrer une ONG en tant qu’Ingénieur ?

Il n’y a pas vraiment beaucoup de poste donc oui, par exemple chez MSF Belgique nous étions seulement deux, dans le domaine du biomédical en tout cas.

La demande est restreinte donc ?

Oui c’est ça, en plus, beaucoup de personnes sont freinées car ce sont des pays dangereux. Malgré la sécurité mise en place, nous ne sommes pas vraiment beaucoup, cela dépend aussi du domaine. La Croix Rouge recrute un peu également mais ils travaillent avec des bailleurs donc chaque dépense doit être justifiée ce qui freine un peu le recrutement d’Ingénieurs. De toute façon, en “importante ONG médicale” je crois qu’il n’y a que la Croix Rouge et MSF qui peuvent se permettre d’avoir ce genre de poste sachant que MSF par exemple, a été prix Nobel de la paix en 1999 (et ce n’est pas rien !). Du coup à part ces deux ONG, il n’y en a pas énormément qui recrutent des Ingénieurs dans le domaine du biomédical.

 

Et toi comment imagines-tu ton futur ?

En fait je ne fais jamais trop de plan pour l’avenir mais je pense continuer dans l’humanitaire. J’ai vu des petits hôpitaux au Laos ou en Equateur qui recherchent des Ingénieurs Biomédicaux. En général ce sont plus des infrastructures de pays peu développés qui cherchent des bénévoles ou volontaires pour du transfert de compétences qu’ils n’ont pas là-bas dans leurs équipes. Après, pourquoi ne pas repartir en mission, cela dépend du pays. Par exemple en Haïti je me sentais particulièrement touché par ce qu’il se passait là-bas comme j’en parlais tout à l’heure. Cela dépend aussi du danger car certains lieux peuvent être très dangereux et certains risques non maîtrisés, ces endroits sont moins dans mes ambitions. Après, bien que j’envisage tout à fait de revenir en ONG, cela m’intéresserait aussi peut être de retourner dans le privé.

Est-ce qu’il y a un clivage avec le privé, est-ce plus difficile d’y revenir ?

Alors c’est intéressant je vais te donner un exemple concret ; quand j’étais sur la fin de ma mission en Haïti j’ai mis mon profil en ligne pour prendre la température et beaucoup d’entreprises m’ont contactées car mon profil était atypique. De plus, MSF est reconnu dans le monde pour son action et les entreprises considèrent que plus tu as eu des expériences à l’étranger et dans des types de services différents plus tu es polyvalent. C’est mieux perçu je pense plutôt que de passer 20 ans dans la même entreprise au même poste.

 

Est-ce que tu aurais quelque chose à rajouter, une anecdote par exemple ?

Oui j’en aurai bien une : à la coordination, une assistante passe me voir et me demande si je pars bientôt. Je lui réponds que comme d’habitude, oui je ne vais pas tarder. Elle me dit alors « Ok alors tu me diras parce que je pars avec toi ». Comme je ne comprends pas ce qu’il se passe, elle me dit que des coups de feu ont été tirés à côté de l’hôpital. Il y avait une manifestation et des tirs avaient été échangés sur le chemin pour rentrer chez moi. Heureusement on a pu faire un détour pour la ramener chez elle sans trop de mal.

Une autre qui résume bien aussi le changement de réalité auquel on était confronté : quand nous étions dans notre maison partagée, un de mes collègues était au téléphone avec sa copine en Belgique quand soudain des coups de feu résonnent pas très loin. Elle se met alors à paniquer un peu lui dit de se mettre à l’abri etc alors que c’était devenu pour nous (comme ça l’est pour les gens là-bas) un bruit de fond assez « commun » et auquel nous ne prêtions presque plus attention tant qu’ils ne représentent pas une menace immédiate. Un autre et dernier exemple qui me vient à l’esprit c’est le simple fait que l’on nous déconseillait de porter des sacs pour la simple raison qu’un sac à 50€ représente déjà un mois et demi de salaire là-bas sans compter ce qui pourrait se trouver à l’intérieur. Pour l’histoire, un jeune a été tué non loin de la maison dans une rue « huppée » du centre-ville pour son sac… Il contenait un sachet de noodles (nouilles instantanées). Tout ça pour dire que vivre dans ce genre d’endroit fait relativiser terriblement sur le train de vie paisible que nous avons en France et la chance qui nous ai donnée, autant en matière d’éducation que de santé ou de sécurité.

 

Et que peux-tu nous dire de la place des femmes dans le domaine de l’humanitaire puis de l’ingénierie par rapport à ton expérience là-bas ?

Elles sont très présentes et la majeure partie de mes collègues étaient des femmes mais il faut savoir que les femmes sont beaucoup plus représentées de nos jours dans le milieu de l’ingénierie biomédicale ainsi que dans l’humanitaire, ce qui est un très bon point.

Merci d’avoir répondu a nos question et bonne chance a toi pour la suite !

Womengineer : il est temps que ça change

Dans cette infographie, TradeMachines met en relief les disparités hommes-femmes chez les ingénieur.e.s, qui persistent encore aujourd’hui, le plus souvent à grands renforts de stéréotypes sexistes.

La situation est peu ou prou la même dans la majorité des milieux scientifiques et techniques, où les femmes restent aussi minoritaires. En France, en 2013, 25,6 % des scientifiques étaient des femmes, nous plaçant ainsi en avant-dernière position en Europe. Pourtant, elles sont 36 % à être diplômées dans ce domaine !

Source : http://trademachines.fr/info/womengineer/ – camille.richer@trademachines.com

Vous êtes un-e scientifique / ingénieur-e / chercheur-se

Ce qu’on trouve sur la plateforme WAX

La science ludique, belle, captivante, voila ce qu’on vous présente sur la plateforme WAX.  Et voici donc un petit tour d’horizons des différentes catégories.

Les sciences :  la science ludique, actuelle, originale c’est dans  la catégorie  » Un œil sur le monde« ,  « Ça se passe chez vous« , pour réaliser des expériences avec des produits du quotidien, ou déceler la science dans notre vie de tous les jours,  découvrir les frontières de la science avec d’autres disciplines,  catégorie « Arts et sciences« , des scientifiques autrement  grâce aux portraits WAX de la catégorie  » A la rencontre de« . S’émerveiller devant la beauté de la science : grâce à notre galerie photo « Oh c’est bo« . Ricaner devant de fabuleuses pépites internet : allez jeter un coup d’œil à « la geekerie du coin »

les stéréotypes : Pour aborder tous ces sujets avec des articles, des expos, des vidéos : la catégorie « Attention Stéréotypes », la catégorie « Carton Rouge Écarlate » pour présenter ce que l’on n’aime pas !

des outils pour collaborer, créer une communauté et sensibiliser sur les questions de stéréotypes de la science et de mixité en science. Ainsi, vous pouvez trouver tous les outils que nous développons dans « La boite à outils », découvrir notre communauté dans la catégorie « Wapitis », nos partenaires sur la page « Nos Ami-e-s« ,   les membres du site WAX sur la page de la famille WAX, et en savoir plus sur notre association grâce à la page « WAX qu’est ce que c’est ? ».

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Utilisez nos outils pour sensibiliser : Tout est libre, tout est gratuit , alors servez vous ! Dans notre  boite à outils vous trouverez : des ateliers pour aborder des thèmes reliés aux stéréotypes de la science (cliquez ici), des kits qui pourront vous permettre d’aborder certains sujets (cliquez ici), des vidéos qui pourront susciter des débats (cliquez ici), des campagnes d’affiches, à imprimer pour faire réagir ou aborder un sujet particulier (cliquez ici), des argumentaires et des ressources pour aller plus loin sur le sujet des stéréotypes de la science ainsi que de l’égalité femmes-hommes dans ce domaine (cliquez ici)

Et voila ! Bien sûr on est preneur de vos retours, donc n’hésitez pas à nous contacter par quelque moyen (Mail, Twitter, Facebook, pigeon voyageur…) si vous avez des questions ou si vous cherchiez quelque chose sur cette page qui n’y est pas : un petit mail à contact@wax-science.org.

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Image à la une: https://unsplash.com/ Jeff Sheldon.

Ces ingénieurs qui travaillent en ONG

Ingénieur = entreprise ?

 

Il n’y a probablement rien de plus abstrait que le métier d’ingénieur-e. Difficile de savoir à  quoi il correspond, tant les secteurs et les postes possibles sont multiples. On peut ainsi être ingénieur-e en construisant un pont, en contrôlant la qualité d’un vaccin ou encore en gérant la chaîne de production de yaourts par exemple.

 

Mais cela est déjà restreindre l’ingénierie à l’industrie… En effet, on y pense moins, mais les ingénieur-e-s peuvent aussi faire le choix de travailler dans des structures à but non lucratif telles que les ONG. Pour peu qu’ils aient des compétences dans un domaine lié à l’aide au développement (actions humanitaires de long terme visant à permettre le développement d’un pays tiers) bien sûr. Prenons deux exemples : un-e ingénieur-e en génie civil permettra la construction d’infrastructures manquantes sur le terrain tandis qu’un-e agronome sera à même d’optimiser les sols et le rendu des cultures.

 

Reste un petit bémol : qui dit ingénieur-e, dit la plupart du temps profil généraliste, or ce qui intéresse actuellement les ONG ce sont plutôt des spécialistes ayant des compétences bien précises. L’ingénierie n’est donc pas forcément la voie royale pour faire de l’humanitaire à moins d’être dans une école très spécialisée. Un-e ingénieur-e en biotechnologie ayant des compétences généralistes en agronomie et en santé ne sera ainsi pas forcément avantagé face à un agronome ou à un médecin.

 

Qui arrivera le premier ? Flickr : copsadmirer@yahoo.es

Qui arrivera le premier ?
Flickr : copsadmirer@yahoo.es

 

Comment y arriver alors ? Probablement en avançant l’argument suivant : sans être forcément le meilleur expert sur le terrain, un-e ingénieur-e généraliste peut apporter, en plus de ses compétences scientifiques, des capacités d’organisation et de gestion. Car savoir manager des équipes est tout de même une composante importante de son métier.

 

Une vie pas comme les autres…

 

Mettre ses compétences au service d’une bonne cause, voilà de quoi rentrer satisfait chez soi après une journée de travail. Pourtant peu nombreux sont les ingénieur-es à avoir fait ce choix. Alors qu’est-ce qui les retient ?

 

Tout d’abord, des contraintes.

Et bien plus qu’on y songe à première vue. Car toute carrière en humanitaire débute par une expatriation de plusieurs années. Et pas forcément dans les coins les plus sympathiques de notre globe : l’expatrié doit être prêt à connaître l’isolement, un climat difficile, l’insécurité parfois et des conditions de vie précaires. Bref, l’humanitaire ce n’est pas un milieu facile.

 

Il va peut-être falloir oublié la bière  aussi! Flickr : Tony Aubry

Il va peut-être falloir oublié la bière aussi!
Flickr : Tony Aubry

 

Des sacrifices ensuite.

Délaisser le monde de l’entreprise au profit d’une ONG, c’est renoncer à un certain niveau de vie et à des évolutions de carrière rapides. Les postes au siège de l’ONG ne sont par exemple accessibles qu’après plusieurs années d’expériences et souvent réservés à des personnes au profil moins scientifique, ayant plutôt des compétences relevant de la gestion et de la coordination. Il est néanmoins possible d’évoluer d’une certaine façon en changeant d’ONG, de thématiques ou encore en passant du poste de coordinateur technique (expertise) à celui de coordinateur général (gestion de projets).

Et puis délaisser le monde de l’entreprise au profit d’une ONG est souvent un signe de non-retour. Car, comme le résume Camille Schreiber, ancienne expatriée chez Action Contre la Faim, « on ne s’engage pas et on ne quitte pas l’humanitaire comme pour n’importe quel autre secteur… ». En France en particulier, l’humanitaire n’est pas encore perçu comme un secteur économique mais comme une expérience plutôt. Travailler en ONG, bien que riche personnellement, est ainsi parfois difficile à valoriser d’un point de vue professionnel, n‘étant pas reconnu comme une plus-value par les recruteurs.

 

Attention à ne pas se faire piéger ! Flickr :  Philippe Rouzet

Attention à ne pas se faire piéger !
Flickr : Philippe Rouzet

 

Vous voilà peut-être un peu refroidi maintenant. Pour autant certains n’ont pas baissé les bras, comme en témoigne Estelle Raynal ayant travaillé chez Action Contre la Faim, dans le secteur de la sécurité alimentaire…

 

« Ma motivation pour travailler dans l’humanitaire relevait du militantisme. Pour moi il s’agissait de contribuer à autre chose que seulement gagner de l’argent, j’avais envie de tenter d’améliorer un peu les choses… Car lors d’une mission on peut vraiment sauver des vies, faire évoluer certaines situations. Évidemment, il y a des contraintes politiques, sécuritaires, culturelles et privées qui limitent parfois ces actions mais je retiens également la richesse intellectuelle qu’apporte une telle expérience : on apprend beaucoup sur soi et sur les autres, on rencontre des personnes extrêmement diverses. Indéniablement, cela a changé ma façon de penser et d’agir.»

 

Voilà de quoi faire réfléchir. Peu importe son parcours académique, la première question à se poser pour faire de l’humanitaire est peut-être : mes convictions sont-elles suffisamment ancrées pour que je sois capable de vivre ma passion au-delà des contraintes ?

Adopte-un-boss

Après l’effervescence des sites de rencontres en ligne pour rencontrer celui ou celle qui deviendra votre âme sœur. Découvrez Seekube le site qui vous permet de rencontrer celui ou celle qui deviendra votre… employeur !

Que ce soit les salons de l’orientation pendant les années de lycée ou les forums de recrutement lors de l’entrée dans la vie active, on passe rarement un super moment lors de ces rassemblements on ne peut plus nécessaires : il y a plein de monde, on se bouscule, on oubli des stands, on manque de temps , c’est parfois loin et autre joyeuseté du genre. Seekube a LA solution : le forum virtuel !

Du 30 Mars au 3 Avril a lieu sur le site de Seekube le Forum virtuel femmes ingénieurs. Pour celles recherchant un stage ou un CDI, le forum vous donne l’occasion de consulter les offres de nombreuses entreprises, et pas des moindres : au programme Orange, TF1, la SNCF, Oracle et bien d’autres ! Le tout se faisant par l’intermédiaire d’internet et sur 5 jours vous pourrez donc écumer les nombreuses propositions en pyjama depuis chez vous ! Qui sait vous repartirez vous vous déconnecterez peut-être avec une offre de rendez-vous via Skype dans la poche l’ordinateur !

Si vous voulez tentez l’expérience c’est par ici!

Dans le cadre de ce forum WAX animera également un atelier sur les approches innovantes pour se débarrasser des stéréotypes hommes-femmes dans les métiers scientifiques. Car il a encore bon nombre de disparité entre les hommes et les femmes dans les métiers et les études d’ingénieurs, dont voici un aperçu !

INFOGRAPHIE_femmes_ingenieurs

 

Ingé-quoi ?

Un-e ingénieur-e qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Moi ? Ingénieur-e ?!

Voilà des questions que vous vous êtes peut-être déjà posées, et qui de plus adapté-e-s à répondre à celles-ci que des élèves ingénieur-e-s ? C’est dans cette optique là que Ingénieurs et Scientifiques de France (en bref IESF) Île de France a lancé depuis le 10 Mars un concours vidéo ouvert à tout-e-s les élèves ingénieur-e-s et étudiant-e-s en science. Le thème de ce concours comme vous l’avez deviné est « Les métiers de l’ingénieur aujourd’hui et demain ».

Le concours se composera de vidéos de 3 minutes que vous réaliserez représentant les métiers d’ingénieur-e-s et de scientifiques dans l’avenir et qui s’articuleront selon trois catégories : « L’ingénieur carte d’identité », « L’ingénieur dans la ville » et « L’ingénieur connecté ». Le détail du règlement est disponible ici, pour ce qui est de la mise en scène, la réalisation et toutes les autres considérations artistiques libre à vous de faire preuve d’une grande créativité : vous avez carte blanche pour réaliser le clip de vos rêves!

IESF-JNI

Les candidatures seront ouvertes jusqu’au 30 Mars, puis après délibération du Jury, dont une de nos présidente fait partie, les créateur-rice-s des vidéos seront invité-e-s à participer à la Journée Nationale de l’Ingénieur le 15 Avril pour recevoir leur récompense respective !

Qui seront :

  • 1er  Prix: 1500€ + 5 séances de coaching avec Laurence VALLON
  • 2ème Prix: 1000€ + votre visibilité dans le cadre des Prix Chéreau-Lavet et Norbert Ségard
  • 3ème Prix: 500€ et un abonnement d’un an à IESF Île-de-France

Nous vous invitons donc à participer à ce concours si ça vous tente, et ont vous souhaite bonne chance si vous y participez !!!

PS : Hélas il nous sera impossible de donner des points bonus si vous nous faites une dédicace dans votre vidéo 🙁

Fred Bayer, Ingé-rieur scientifique

Qu’est ce que tu fais dans la vie?

Je suis ingénieur agronome, spécialisé en nutrition humaine et en recherche en comportements alimentaires, et je bosse dans une boîte de conseil en communication scientifique. En gros j’aide des entreprises et des associations (bouffe, santé, industries, public et privé) à surveiller et développer leur image dans les médias mais surtout à monter des projets qui les rendent aimables, responsables et dignes de confiance.

Qu’est ce que tu fais chez WAX?

Je m’occupe de mettre à jour les contenus du site, et éditer des articles que les wapitis envoient.

Comment as-tu connu WAX?

Je suis dans l’aventure depuis le commencement, et je n’arrive plus à m’en séparer. Je crois que je suis amoureux.

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Le plus gros stéréotype que t’aies jamais connu?

Je suis entouré de femmes depuis mon entrée en école d’ingénieur, j’ai travaillé chez CHANEL entouré de femmes, au Québec dans une association d’éducation alimentaire, entouré de femmes, et aujourd’hui dans la com scientifique, toujours isolé des gens de mon sexe.

Pourtant, les blagues pipi-caca me font autant rire que les calembours les plus raffinés, et seule une minorité des femmes autour de moi font l’effort de saisir l’humour absurde et gras, en le jugeant grossier et macho d’emblée, sans réaliser qu’elles se privent d’une source de bonheur universelle.

La mixité dans l’humour, on y est quand?

Quels sont les trois premiers mots auxquels tu penses si je te dis SCIENCE ?

Curiosité (Fouille-m**de)

Discussions (Avocat du diable)

Progrès (Enjeux pour les humains)

Si tu étais un animal? Pourquoi

Une mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus), évidemment.

Pour pouvoir planer à travers les airs, prendre les courants ascendants des plages ensoleillées, voler ma nourriture aux touristes ou dans les self-services à ciel ouvert avec mes potes, et savoir rire de ma condition animale à longueur de journée.

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Journée Nationale de l’Ingénieur.e à Montpellier

Une Journée Nationale regroupant tous les ingénieur-e-s de France dans plus de 30 villes différentes simultanément, le tout sous la tutelle de notre Président de la République M. François Hollande ? Une chose est sure, les ingénieur-e-s n’ont pas froid aux yeux ! Cette année le thème de la rencontre était :

Innover et Entreprendre, quelles sont les clés de la réussite au Sud ?

Pour y répondre, deux tables rondes se sont succédées, entrecoupées d’un moment d’échange autour des stands. Invitée par nos partenaires d’IESF, Juliette était là pour présenter WAX.

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On a beaucoup appris sur l’entrepreneuriat

Ça vous dirait de créer votre propre entreprise ? Inspiré-e-s par des personnages tels que Steve Job (créateur d’Apple) ou Mark Zuckerberg (créateur de Facebook) vous y avez peut-être déjà pensé. Au contraire vous vous dites peut-être que ça n’est pas fait pour vous car trop risqué, trop solitaire, de toute façon ça ne marche qu’une fois sur 100…  Pour y voir plus clair et chasser les idées reçues IESF nous a tout expliqué.

QUELS SONT LES INGRÉDIENTS POUR QUE LA MAYONNAISE PRENNE ?

1. Je recherche et j’innove !

Une idée scientifique innovante, c’est la première clé de réussite de l’entrepreneu-r-se en herbe.  Il s’agit de s’interroger et de proposer un concept, un service, un procédé ou un objet nouveau, qui n’existe pas encore mais répondra à un réel besoin. Les participants de la table-ronde ne manquaient pas d’exemples passionnants. Ils nous ont raconté comment ils ont initié leurs projets par une phase de recherche. Les résultats sont assez bluffant : des micro-algues capables de produire du bio-carburant, un système Hi-Fi entièrement sans fil, un robot médical qui assure des opérations de chirurgie sur le cerveau ! En France la recherche publique constitue un appui de poids pour aider les entrepreneurs à innover. En se tournant vers les universités et les laboratoires publics, des collaborations public-privé sont possibles pour mener des projets de R&D ambitieux.

2. Je ne suis pas parfait

En revanche, les entrepreneu-rs-ses ne sont pas chercheu-rs-ses et ne peuvent se permettre de rechercher la perfection à tout prix. Tout du moins au début. On retient le conseil qu’il ne faut pas s’acharner à faire tout très bien pour le premier prototype, auquel cas toute votre énergie et vos financements y passeront.

3. Place au développement

Après avoir créé de la connaissance et trouvé des réponses techniques vient la phase de développement. Cela consiste à compiler les résultats de vos recherches avec la connaissance existante pour proposer un prototype. Par exemple, imaginons que l’on a découvert comment fonctionne la téléportation. On dessine alors une machine et toutes ses composantes, capable de réaliser l’opération, téléporter des gens. On construit ensuite un prototype c’est à dire une version d’essai que l’on teste avec de gentils volontaires, un peu inconscients. On  s’assure ainsi que tout fonctionne et si nécessaire on ajuste quelques réglages.

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4. et si on vendait ?

La commercialisation, le but ultime d’une entreprise. Qu’il s’agisse d’un bien ou d’un service, il est crucial de faire évoluer votre prototype jusqu’au produit fini. Pour proposer votre prestation ou sortir vos produits des moyens logistiques et humains seront alors nécessaires. Il pourra s’agir de matière première, de machines, d’entrepôts, de bureaux, d’employé-e-s ou de travaux sous-traités à des prestataires. Dans tous les cas il vous faudra les gérer. Certain-e-s créateurs-rices n’ont pas l’âme de manageur-e et préfèrent déléguer cette tâche. Lorsque cela est possible, très bien, mais la plupart du temps le-la jeune entrepreneu-r-se doit être multifonction.

5. Money money money

Les financements justement, un mot qui fait peur ! La clé pour la surmonter  est l’anticipation. On évalue les besoins en amont, on planifie et on se tourne vers les bons organismes. A chaque phase de votre projet existe un financeur adapté. Des organismes tels que BPI France sont spécialisés pour appuyer financièrement la recherche et l’innovation en entreprise. Le développement concernera d’autres mécènes, pourquoi pas des fondations privées. Enfin le financement de la phase de commercialisation n’est pas à oublier. Investir dans du matériel de production et de transport par exemple peut représenter des coûts importants à anticiper. Les témoignages rapportent que cette dernière partie n’est pas toujours évidente, surtout quand l’entreprise « part de rien ». Ouvrir l’entreprise en bourse ou utiliser des réserves personnelles sont des solutions.

6. Plus on est de fous, plus on rit !

Bien s’entourer, c’est fondamental ! L’entrepreneu-r-se doit être capable de comprendre beaucoup de disciplines mais lorsqu’il s’agit d’expertise technique il est indispensable qu’il-elle s’entoure de personnes compétentes : juriste, commercial-e, comptabilité, gestionnaire, chargé-e de recherche, gestionnaire de projet, technicien-ne, et pourquoi pas associé-e-s.

Se joindre à  un réseau d’entrepreneu-rs-ses peut aussi être un atout. Il existe des clusters dans chaque région de France, parfois regroupé par catégorie d’activité, ainsi que des couveuses d’activités ou pépinières qui offrent une structure et des conseils pour les toutes jeunes entreprises.

7. Etre open

Plusieurs entrepreneu-rs-ses ont témoigné avoir connu d’importants changements de trajectoire depuis la création de leur entreprise. Dans certains cas, c’est tout le business model qui a été modifié. Ces changements de vision ou d’objectifs peuvent être décidés lors d’une entrée en bourse, d’une internationalisation de l’entreprise ou simplement de l’accroissement de l’activité. Pour devenir et rester performant il faut être prêt à accepter le changement, être ouvert aux propositions et savoir lâcher un peu le « bébé » !  

FAUT-IL ETRE UN-E GÉNIE POUR ETRE INNOVANT ? 

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La réponse est non ! Tous les profils existent. Il y a celles et ceux qui avaient une innovation technique en tête dès le départ et celles et ceux qui avaient envie d’être entrepreneu-r-se avant tout.

Et l’innovation n’est pas toujours scientifique ou technique. Elle peut être également sociale et organisationnelle. En effet on peut aussi être innovant en proposant de nouvelles formes d’organisation de l’entreprise, de gouvernance et de prise de décision au sein de l’entreprise. Les statuts juridiques sont de plus en plus nombreux et continuent de se diversifier. Par exemple, les SCOPs (Sociétés Coopératives et Participatives) se veulent motivantes pour les salariés puisque chaque employé est actionnaire de son entreprise et compte pour une voix dans les décisions.

Voici ci-dessous une petite vidéo qui vous en dira plus sur leur fonctionnement.

Bilan de la journée

Des témoignages passionnants sur l’entrepreneuriat, certain-e-s sont motivé-e-s ? Apparemment les jeunes seraient de plus en plus nombreux à se lancer.

Et puis de belles rencontres sur le stand de WAX ainsi que de nombreux compliments pour nos graphistes Alice, Adrien et Jérémy à la fois pour le site internet, les plaquettes et le kakémono (oui oui c’est un mot) !

Un grand merci à IESF pour leur accueil (with special thanks to Annabelle Borghini) !

A très bientôt !