Une nouvelle prétendante au titre de neuvième planète
Depuis que Pluton a perdu son statut de planète le 29 avril 2006, la place de neuvième planète du système solaire semblait laissée vacante à jamais. Les objets transneptuniens (astres dont la majorité de l’orbite se trouve au-delà de celle de Neptune) sont en effet beaucoup à posséder une masse et un diamètre proches de ceux de Pluton voire même, dans le cas d’Eris, supérieur. C’est cette constatation qui a poussée l’Union Astronomique Internationale (UAI) à la priver de son titre plutôt que d’ajouter une demie douzaine de planètes à notre représentation du système solaire (et ainsi sauver nombre d’écolier.e.s de maquettes irréalisables).
Cependant l’ellipse de certains de ces astres a, pour la première fois en 2014, attirée l’attention de Konstantin Batygin et Mike Brown (alias Plutokiller), le même astronome dont les découvertes avaient ultimement conduit à la destitution de Pluton. Ils ont remarqué que certains des corps de la ceinture de Kuiper (ceinture d’astéroïde au-delà de Neptune) suivaient une ellipse trop excentrée du soleil, supposant une interférence gravitationnelle (voir schéma ci-dessous) due à un astre beaucoup plus massif que la moyenne des planètes naines qui composent les plus gros objets de ladite ceinture. Dès lors leur équipe et d’autres ont multiplié les observations et accumulé les indices sur l’existence théorique de la « Planet Nine ».
Hypothetical Planet 9, and 9 related eTNOs : 13 September 2016 (Tomruen)
Sur la piste d’une géante
En plus de donner une explication au comportement étrange de quelques astéroïdes « contrevenants » orbitant dans la direction opposée aux autres, la présence de cette planète estimée à 10 fois la masse de la Terre et en moyenne 20 fois plus distante du Soleil que Neptune pourrait faire la lumière sur la mystérieuse inclinaison de près de 6 degrés du plan d’orbite des planètes du système par rapport à l’équateur du soleil. Ainsi, dans l’alternative ou la théorie de l’existence de Planet Nine venait à être démentie, cela soulèverait plus de questions que de réponses.
Si l’empreinte gravitationnelle de cette planète théorique ne cesse d’apporter des éléments de réponses à des anomalies du système solaire, elle n’a toujours pas été observée directement et son existence reste le fruit de spéculation. Et cela pourrait rester le cas encore un moment : les quelques 30 milliards de kilomètres qui la séparent du soleil en font un astre très sombre et froid (on suppose qu’il s’agit d’une géante glacée, un sous type de géante gazeuse), donc extrêmement difficile à distinguer du fond stellaire et de la multitude de corps transneptuniens. Planète Nine pourrait donc bien rester une chimère encore un moment avant que sa présence soit validée, ou non.
En attendant des résultats plus catégoriques, la recherche pour Planet Nine reprendra après la maintenance du télescope Subaru de Mauna Kea à Hawaï en Décembre. Restez connecté sur l’incontournable site de la NASA et le twitter de Mike Brown (@plutokiller) si vous voulez être les premier.e.s à connaître l’issue de cette partie de cache-cache !
Batygin, Konstantin and Brown, Michael E. (2016) Evidence for a Distant Giant Planet in the Solar System. Astronomical Journal, 151 (2). Art. No. 22.
Bailey, Elizabeth and Batygin, Konstantin and Brown, Michael E. (2016) Solar Obliquity Induced by Planet Nine. Astronomical Journal, 152 (5). Art. No. 126.
Batygin, Konstantin and Morbidelli, Alessandro (2017) Dynamical Evolution Induced by Planet Nine (Draft version October 6, 2017)
News volcaniques de Faremoutiers
WAX Science a conçu un atelier sur le thème du volcanisme extraterrestre. Voici en brèves le galop d’essai réalisé le 10 mai 2016 avec des élèves de 4ème du collège Louise Michel de Faremoutiers, en Seine-et-Marne.
Vous pouvez vous-même reproduire les activités et mini-jeux, en adaptant les règles et le contenu à votre situation – tout est dispo là, même le jeu de cartes est téléchargeable –> Atelier des volcans multicolores
*Réalisation d’une élève pour « l’ACTIVITE 5 – Explosions imaginatives » présentée à la fin de l’article
15 heures_ Salle de bio. Accompagné de 4 jeux de cartes élémentaires, de mon optimisme et de ma clef USB, j’entrevois les adolescent-e-s qui se tiennent au pas de la porte. Installons-nous, le programme est chargé.
10♀ d’un côté de la salle, 9♂ de l’autre, naturellement.
ACTIVITÉ 1 – Dessine-moi un volcan
Dessiner aide à stimuler la mémoire. Peu importe les erreurs, au bout du compte (une dizaine de minutes), nous pouvons nous mettre d’accord sur le vocabulaire à utiliser et ainsi affiner notre problématique : si différents types d’éruptions (explosives et effusives) sont observées à la surface, est-ce parce qu’en profondeur les compositions physiques et chimiques de la chambre magmatique varient d’un volcan à l’autre ?
1 heure 30, c’est très court. Si vous avez plus de temps, profitez-en, c’est encore plus amusant avec du bon matos : prévoyez les fins feutres et les épais crayons de couleurs, l’aquarelle et les pastels !
ACTIVITÉ 2 – Jeu de cartes élémentaires
Bonne synchro, les élèves travaillaient sur l’atome en cours de chimie. C’est le début, il faudra encore quelques années et des efforts d’imaginations avant de dompter les protons et autres électrons. L’intérêt était surtout de jouer aux cartes ! Le but étant de créer des mots avec les éléments figurant sur les cartes, pour plus de détails rendez-vous ici.
4 groupes de 4 ou 5 avec 1 jeu complet par équipe – un moment bien apprécié !
Quelques mots trouvés !
COCaS : 100 points de défense – 50 points d’attaque
LiONS : 69 points de défense – 34 points d’attaque
SiLiCON : 77 points de défense – 38 points d’attaque (silicon signifie silicium en anglais)
HAgIS : 267 points de défense – 117 points d’attaque (le haggis est un plat écossais)
ACTIVITÉ 3 – Oh c’est bô!
La réactivité du gallium, The terminator metal élément chimique de numéro 31 émerveille toujours autant les yeux des petit-e-s et des grand-e-s.
Si nous étions moins pressés, nous aurions pu mettre la main à la pâte. Un peu d’eau, de la fécule de maïs et la possibilité de s’amuser sans fin !
Déjà presque une heure s’est écoulée. Grâce à ces bases en géologie et en physique-chimie, nous pouvons désormais nous attaquer aux bizarreries extraterrestres.
ACTIVITÉ 4 – Brainstorming « Super-Robot »
Difficile à observer et à interpréter, les volcans extraterrestres se font désirer. Quelles sont les caractéristiques, les compétences nécessaires pour mener à bien notre expédition ?
Futurs plans secrets de l’Agence Spatiale Européenne
Pour les plus téméraires, direction le tableau pour exposer oralement ses idées auprès des camarades et de leurs jugements parfois moqueurs. Un exercice difficile mais important (à l’école primaire, nous apprenons à lire, à écrire et à compter mais pas à parler en public), félicitations aux volontaires !
ACTIVITÉ 5 – Explosions imaginatives
Après tant de préliminaires, enfin le vif du sujet ! Pas de quoi en faire un flan, cet atelier est avant tout prétexte à faire de l’interdisciplinarité de façon ludique. L’écriture créative en fait partie. Après Païllette-Land, voici, en apothéose volcanique, Rosetta 321
Un grand merci à Yoann Reverdy et la vingtaine d’élèves de 4ème du collège Louise Michel de Faremoutiers !!!
Adieu Philae, ta mission aura été pleine de rebondissements
C’est un peu le Christophe Colomb de notre siècle, l’enveloppe organique, et donc le scorbut, en moins. Après avoir embarqué pour un long voyage à travers des horizons inconnus, il a finalement posé pied à terre sur un monde totalement inconnu : la comète 67p/Tchourioumov-Guérassimenko, ou « Tchouri » pour les profanes.
Le saut dans l’inconnu (ESA)
Nous parlons bien entendu de Philae, le petit robot européen explorateur. Un peu plus d’un an après son arrivée sur la comète, l’Agence spatiale européenne lui fait ses adieux. Selon les calculs des astronomes, Tchouri est maintenant bien trop loin du Soleil pour que Philae puisse recharger ses batteries. Il était resté silencieux depuis le 9 juillet dernier.
Son aventure est bien finie, non sans avoir fait parler d’elle.
Un atterrissage fort en émotion
1 mètre de circonférence, pour 0,8 de haut, Philae était un petit robot taillé pour l’aventure. Il aura fallu que son voyage de 10 ans depuis la Terre arrive à son terme pour qu’il connaisse enfin la gloire. Le 12 novembre 2014, le monde entier a retenu sa respiration lorsqu’il s’est détaché de la sonde spatiale Rosetta pour commencer sa mission.
« Wheeeeeeee ! » (ESA/Giphy)
Problème : on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre lors de l’atterrissage, et les choses ne se sont pas passées comme prévu. Philae a rebondi ! Ses systèmes d’accroches n’ont pas fonctionné, et le robot est remonté à une centaine de mètres dans les airs, deux fois. Il s’est alors retrouvé dans une position très inconfortable. À la fois trop à l’ombre pour rester actif, et trop mal installé pour mener toutes ses mesures correctement.
« Contrôle, c’est bon j’y suis arri… Ah non, j’ai rien dit. » (ESA/Giphy)
Mais la mission de Philae est loin d’être un échec pour autant. « Nous avons découvert des objets dont nous ignorions à peu près tout« , a expliqué au Point Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique du robot, « et sur lesquels à peu près tout ce que nous pensions s’est révélé faux ».
Exit la « boule de neige sale »
Contrairement à ce que l’on pensait depuis longtemps, les comètes ne sont pas de simples « boules de neige sales ». Cette idée laissait entendre qu’elles n’étaient composées que de glace et de roche, mais il en est tout autre. Les quelques relevés que Philae a fait automatiquement à son arrivée ont permis aux scientifiques de découvrir que Tchouri abritait des molécules organiques complexes, peut-être formées par l’influence des rayons cosmiques sur sa structure carbonée.
Aussi, les chercheurs croient maintenant que ces corps célestes pourraient avoir joué un rôle important dans l’émergence de la vie sur Terre. En s’écrasant sur notre planète, certaines d’entre elles auraient pu apporter les molécules complexes nécessaires aux premières cellules.
En plus, Philae a malgré tout réussi à aider les astronomes à étudier en détail la structure de la comète et son champ magnétique. Loin d’être bredouille, la communauté scientifique a récolté de nombreuses données sur Tchouri et sa dynamique.
Donc la prochaine fois que tout semble aller de travers, faites comme Philae : restez concentré sur votre mission, et faites avec les moyens du bord. Ce sera toujours mieux que rien !
Adieu petit aventurier de l’espace.
Vous aussi, envoyez un message vers les étoiles
Aujourd’hui, si les extraterrestres existent bien, vous avez la chance de pouvoir leur adresser un message. Cette initiative, nommée poétiquement Une réponse simple à un message élémentaire, est le fruit de la rencontre entre des artistes et des scientifiques écossais.
« Peace, love and hammertime! »
Il faut dire que vous n’êtes pas vraiment libres pour votre message. L’équipe à l’origine du projet souhaite compiler des réponses à la question : « Comment nos interactions environnementales actuelles vont-elles façonner l’avenir ? ». Une problématique actuelle de notre monde qu’ils souhaitent envoyer vers l’étoile Alpha Ursae Minoris.
– C’est beau… – Non, c’est l’étoile polaire.
Un message historique envoyé vers la boussole des hommes
Ce n’est pas pour rien que les écossais ont choisi cet astre en particulier. Aussi appelée étoile polaire, elle a guidé les marins pendant des siècles. Et après qu’elle ait autant aidé l’humanité en nous envoyant ses rayons, les artistes et les scientifiques du projet se sont dits qu’il serait temps de lui envoyer une réponse.
Et quoi de mieux que de lui faire parvenir un problème bien terrestre, et la façon dont il est perçu par des individus du monde entier ? « Ce message, une fois transmis dans l’espace interstellaire en 2016, possède la capacité de survivre à ses créateurs et ainsi de potentiellement devenir une capsule temporelle de notre culture« , peut-on lire sur le site de l’opération.
C’est avez ça que l’on envoie des « bouteilles à la mer » spatiales
Le signal radio des réponses reçues par l’équipe du projet devrait prendre son envol pour l’étoile polaire en automne 2016. Une fois parti de notre planète, il faudra 434 ans au message pour atteindre sa cible. Quelqu’un sera-t-il là-bas pour l’entendre ? Nous ne le saurons sans doute jamais.
Atelier virtuel n°3 : à la découverte du système solaire !
Cette troisième séance est consacrée à une introduction à l’astronomie. Les enfants du groupe, âgés de huit à dix ans, ont tous déjà des connaissances de base sur le système solaire. Mais une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal.
Pour préparer cette séance, j’ai eu l’aide de Sophie, une autre bénévole de l’association, qui a mis au point des « fiches planètes ». En effet, le but concret de cette séance était de construire un mobile du système solaire. Un enfant par planète, plus un enfant pour dessiner le Soleil. Ensuite, quelques petits astéroïdes en pâte à modeler pour s’amuser un peu, et noter la forme bizarroïde de ces « petits » corps célestes qui n’ont pas eu le temps d’acquérir suffisamment de matière pour devenir « ronds » au cours des quatre milliards d’années de l’histoire du système solaire. Pour finir, une petite quinzaine de minutes consacrées au visionnage des vidéos « Il était une fois la mission Rosetta » de l’Agence spatiale européenne (ou « ESA », pour « European space agency » en anglais), l’équivalent européen de la NASA. C’est l’occasion de valoriser l’intérêt des enfants pour l’actualité scientifique.
Programme prévisionnel
00:00 – 00:10 : petit rappel de la séance précédente. Vidéo de l’astronaute qui fait l’expérience sur la Lune pour rappeler les points essentiels sur la gravitation vus à la séance n°2, et faire le lien avec la séance d’aujourd’hui.
00:10 – 00:60 : fabrication du mobile. 30 minutes laissées aux enfants pour prendre connaissance de leur planète, s’étonner ou pas devant la longueur de la journée sur Mercure, ou le fait que Uranus met 84 ans à faire le tour du Soleil. Pendant ces trente premières minutes, les enfants doivent colorier deux disques en papier Canson recto-verso (découpés à partir de modèles en cartons). Un conseil : utiliser de la peinture, ça ira plus vite que les feutres pour colorier de grandes surfaces ! 🙂 Les trente minutes suivantes sont consacrées à l’assemblage du mobile, en utilisant de la ficelle, du scotch et des trombones. Pour les plus grands, on peut utiliser une règle de 3 pour convertir les distances données en UA (1 UA = 1 Unité astronomique = la distance Terre-Soleil) en cm pour que les planètes soient à des distances cohérentes du Soleil sur le mobile. Comme indiqué sur la feuille, on pourra prendre une échelle de distance pour les planètes telluriques et une échelle de distance pour les planètes gazeuses.
Soit on peut construire un mobile en utilisant des tiges en bois, soit on peut suspendre les planètes sur un fil qui traverse la classe, en mettant le Soleil à une extrémité. Dans tous les cas, on peut utiliser les astéroïdes en pâte à modeler pour symboliser les deux ceintures d’astéroïdes.
On pourra distribuer aux enfants le patron de la maquette de Rosetta et Philae après les avoir téléchargé sur le site de l’esa : Maquette de Rosetta, pourqu’ils le montent chez eux.
00:75 – 00:90 : Histoire des sciences, sur Johannes Kepler qui, le premier, trouva des équations décrivant le mouvement des planètes autour du Soleil (et qui a eu une vie relativement passionnante, sa mère était accusée de sorcellerie et il travaillait comme astrologue pour un empereur pour nourrir sa famille) et Nicole-Reine Lepaute, une astronome du siècle des lumières qui travailla à prédire avec une meilleure prévision que Halley le retour de la comète « de Halley », permettant ainsi de valider le modèle de Kepler pour le mouvement des astres autours du Soleil !
La question du jour
C’est une question posée par la petite Ava, qui devait peindre Mercure (et qui a fait un excellent travail en déposant une petite touche de blanc sur certains cratères : en effet, sur Mercure dont la surface est « brûlée », noircie par les très hautes températures auxquelles est soumise la petite planète, les cratères d’impact de météorites les plus jeunes soulèvent des matériaux plus profonds, qui n’ont pas encore été brûlés et qui sont, par conséquent, plus clairs que le reste du sol !) :
La question du jour : « Mais, à quoi elles servent, les autres planètes ? »
Cette question est fantastique, car elle montre que, pour une enfant de huit ans, les choses doivent forcément servir à quelque chose. Je n’ai pour ma part jamais entendu un adulte me poser cette question. Mais Ava a raison, les autres planètes servent à un tas de trucs, donc j’essaierai d’écrire un article sur cette question. Merci Ava !
Lien utile et documents
Vers la page de « ESA for Kids » consacrée au système solaire : ESA_for_kids
Fiche récapitulative pour toutes les planètes (réalisée par Sophie) : planetes
Les fiches individuelles et la feuille récapitulant le protocole (et les définitions clés !) : Fiche_Astronomie_Les_Planètes
Encore une fois, merci à Sophie pour sa participation active à la création de cet atelier !
Comment rendre ta famille très, très jalous.e
« J’étais trop isolée et je me suis dit ça, plus jamais »
L’histoire de Lorène commence loin des bulles de savons; plutôt que d’avoir la tête dans sa baignoire, elle avait plutôt la tête dans les étoiles. En lisant des magazines de vulgarisation scientifique, c’est l’envie de comprendre ces objets venus de très (très) loin qui l’a poussée à faire des études de physiques. Après une classe préparatoire (MPSI) à Strasbourg, Lorène part à Lyon où elle poursuit ses études de physique avec un master « Physique Hors Equilibre » (en gros, que se passe-t-il si je jette une pierre dans un lac immobile). Elle enchaîne avec son stage de Master 1 (la 4 ème année après le bac) en astrophysique, qui, malgré son attrait pour la discipline, se passe relativement mal. Trop abstrait, trop lointain, sujet difficile et manque d’encadrement lui font réaliser qu’elle allait laisser les comètes à quelqu’un d’autre, et tant pis pour les trous noirs, ils iront trouver la lumière ailleurs!
Des bulles, des gouttes, ou des grains?
Dès le début de sa thèse, Lorène s’est formée pour travailler sur l’hydrodynamique – le mouvement des fluides – et les « matières molles » – des matières à la fois solides et liquides. Prenez le sable: on peut marcher dessus ,donc il est solide, mais il file entre les doigts de la main, comme un liquide. Les bulles, les gouttes, ou les grains sont des objets qui rentrent parfaitement dans ce champ là. Au moment de choisir un laboratoire pour faire son doctorat, le recette magique a été « un sujet que j’aimais, que je trouvais beau, qui était concrêt, où je pouvais faire des expériences avec mes mains ». Un bon début, mais pas que « Je voulais un sujet que je pouvais partager, un sujet qui parle, et puis surtout je voulais être bien dans mon labo, et la rencontre avec ma directrice de thèse a été l’argument bonus ». Grâce à son expérience de stage, Lorène savait exactement ce qu’elle ne voulait pas; eh oui, trouver sa voie c’est aussi essayer, pas toujours réussir mais surtout apprendre!
Des molles et des plus fermes
Pour être précise, la fondation l’Oréal récompense Lorène pour son travail sur les mousses liquides, qui sont des bulles d’air coincées dans un mélange d’eau et de savon, et les trois forment la mousse comme celle de notre vaisselle. Le mélange eau+savon d’appelle le « film »; ce « film » n’est pas éternel, et a un certain temps de vie qui dépend du savon qu’on utilise. En mélangeant des expériences et des analyses numériques, elle tente de comprendre pourquoi ces bulles finissent par éclater donc pourquoi ces mousses sont instables.
En pratique, si on mélange ces mousses liquides avec des polymères (= grosses molécules) et qu’on chauffe, le mélange se durcit et on obtient de la mousse solide. Et les mousses solides, vous dormez dessus (matelas), vous y posez votre popotin (votre chaise), vous le mettez sur la tête (le casque) ou vous tapez dedans (le ballon de mousse). Toutes ces mousses solides n’ont pas les mêmes propriétés, certaines sont plus fermes, d’autres plus molles (ça me rappelle une belle chanson) et ça dépend à la fois du nombre et de la taille de toutes les bulles dans le film qui les entoure. La formation de ces bulles dépend de la vitesse de solidification, et du temps de vie du film (eau + savon) , qui sont des paramètres fondamentaux si on veut contrôler la structure finale. Et voilà pourquoi c’est important d’étudier ces mousses! Au terme de notre entretien, c’est donc le moment de passer…aux questions WAX!
Le rituel WAX!
Tes trois mots pour la science: Futur – Créativité – Ethique
Ton métier si tu n’étais pas scientifique : En rapport avec les bouquins! Libraire ou écrivain, ou un mélange des deux.
Le site sur lequel tu passes beaucoup trop de temps: Allociné, j’adore les films
Le pire stéréotype que tu aies vécu: Les gens pensent que j’ai aucune contrainte dans mon emploi du temps parce que je suis « scientifique » – c’est exactement l’inverse!!
On vous l’avait promis…
Aller, on arrête le suspens; le meilleur savon candidat vient d’un entreprise qui s’appelle Fairy qui distribue qu’en Belgique et en Angleterre; à vous de jouer 🙂 et on pense à Lorène au moment où toute la famille nous dit » Mais Waou, comment t’as fait pour trouver le formule magique?! »
Chariklo : le Seigneur des anneaux !
Chariklo, un gros Centaure
Les Centaures sont les astéroïdes (gros cailloux flottant dans le système solaire mais trop petits ou trop moches pour être des planètes) qui se trouvent entre Jupiter et Neptune. Il y a en tout cinq catégories d’astéroïdes :
1) Les géocroiseurs, qui voyagent entre le Soleil et Mars
2) La ceinture principale, entre Mars et Jupiter
3) Les Troyens, qui suivent et précèdent la grosse Jupiter sur son orbite
4) Les Centaures, qui se promènent entre Jupiter et Neptune
et 5) La ceinture de Kuiper, dont Pluton est le représentant le plus connu (même si c’est une « planète naine » et non un astéroïde à proprement parler…)
Chariklo est le plus gros Centaure identifié. Jusqu’ici, seules les planètes géantes (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) possédaient, à notre connaissance, des anneaux, c’est à dire des disques plats plus ou moins larges de poussières et de gaz.
Or, au mois de juin dernier, une équipe internationale d’astronomes, en partie basée à l’Observatoire de Paris, a découvert qu’un petit caillou comme Chariklo a non seulement un, mais deux anneaux !!!
Des anneaux, oui mais d’où ?!!
Les anneaux ont été observés lors d’une « occultation », c’est à dire un moment où Chariklo est passé devant une étoile, ce qui a « bouché » la vue au télescope danois qui regardait l’étoile en question. Or le flux de lumière n’a pas baissé une fois, comme attendu, mais bien 5 fois : une fois pour l’anneau extérieur, une fois pour l’anneau intérieur, une fois pour Chraiklo itself, puis une quatrième fois pour l’anneau intérieur à nouveau, et une cinquième fois pour… l’autre bord de l’anneau extérieur. (C’est bien, vous suivez :D)
Après un an d’étude, c’est à dire de décorticage de graphes, de données provenant de plusieurs télescopes (dont ceux de l’ESO , l’Observatoire européen austral), et de calculs, les astronomes ont fini par écrire un article publié sur Nature, une des plus importantes revues scientifiques américaines ! Dans cet article, ils donnent de nombreux détails sur la forme, la taille et la composition des anneaux, et font également une liste de toutes les nouvelles choses à trouver.
La principale question : pourquoi et comment un si petit corps a-t-il pu avoir deux anneaux ???
Une preuve de plus qu’il reste toujours énormément de choses à découvrir, même dans notre propre système solaire… Alors « n’hésitez pas à viser la lune, car même en cas d’échec, vous aterrirez dans les étoiles » (O.Wilde).
Dis moi la planète qu’il est ?!!
« Chéri-e, où se trouve Jupiter ? »
Alors là, il y a trois façons de répondre à votre partenaire admiratif-ve.
Soit vous êtes un-e excellent-e astronome et vous répondez, au taquet : « Eh bien, tu vois ce gros point lumineux qui ne scintille pas, là ? Eh bien, c’est la Géante Rouge ! ». Soit vous avez une application pour smartphone qui vous permet de localiser la grosse planète dans le ciel nocturne en levant votre appareil téléphonique vers la voûte céleste. Soit vous avez hérité de votre richissime oncle américain et vous n’avez qu’à… regarder votre poignet !
En effet, Van Cleef & Arpels, un célèbre fabricant de montres-bijoux, a sorti cet hiver ce petit trésor de mécanique : un montre qui vous présente la rotation des six planètes visibles depuis la Terre autour d’un Soleil miniature, et qui peut même vous donner l’heure… grâce à une étoile filante !
Les planètes et le fond étoilé sont fait de matériaux de luxe, d’où le prix exorbitant (et le peu d’exemplaires vendus) de ce véritable cadran stellaire.
Alors évidemment, il faudra s’armer de patience pour voir certaines planètes faire un tour complet. 88 jours pour Mercure, 224 pour Vénus ou… 29 ans pour Saturne !